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Pôle Patrimonial

Histoire du Château

Avant 1881 — Des verreries aux Hamendes

Le site du futur château s’élève sur l’emplacement d’une ancienne verrerie de la famille de Colnet, fondée à la seconde moitié du XVIIᵉ siècle, considérée comme la première verrerie « industrielle » de la région carolorégienne. Le quartier des Hamendes se forme ainsi autour d’un noyau verrier dans un paysage encore semi-rural. 

1881–1886 — Construction et demeure patronale

En 1881, l’industriel Valentin Lambert fait bâtir une vaste demeure de style néo-Renaissance (plans de l’architecte Élie Piérard) : 47 pièces sur cinq niveaux, chapelle consacrée, au cœur d’un parc de 4 hectares. Les matériaux mêlent briques locales (briqueterie des Hamendes) et pierre ; la silhouette, marquée par une tour d’angle, lui donne une allure presque fortifiée. 

1886–1929 — La période Mondron

À la mort de Valentin Lambert (1886), sa fille Valentine et son époux, le maître-verrier Léon Mondron (président à deux reprises de l’Association des maîtres de verrerie) s’installent au château. L’édifice échappe aux émeutes ouvrières de 1886 qui ravagent verreries et demeures patronales voisines ; des mesures de protection sont alors prises (blindage d’une tour, réservoirs d’eau dans les combles). Monsieur Mondron décède en 1912 et son épouse transforme son bureau en chapelle privée. Valentine vit au château jusqu’à son décès (1929). 

1930–1935 — De demeure à église Saint-Lambert

Respectant le vœu de Valentine (messe maintenue et inhumation sur place), ses enfants transforment l’intérieur pour ériger une église Saint-Lambert tout en préservant la façade du château. Les travaux commencent le 4 août 1930 (béton armé – encore rare –, briques locales) ; l’édifice est consacré le 10 septembre 1931 par l’évêque de Tournai. Une crypte familiale est construite en 1932 (l’inhumation sous le chœur étant interdite). Un bail emphytéotique (1935) confie l’usage à la fabrique d’église pour un loyer symbolique. L’église, sans colonnes, intègre des vitraux profanes de l’ancien hall, d’où une belle luminosité. 

Années 1930–1956 — Vie paroissiale et œuvres

La nouvelle paroisse Saint-Lambert se structure autour du 1er curé, l’abbé Duray, avec des œuvres éducatives et associatives (Patro, JOC, chorale). Après-guerre, des Pères Assomptionnistes déplacés par les travaux du canal Bruxelles-Charleroi s’installent au château ; le Père Scoyer devient le 2ᵉ curé. 

1946–1965 — Transmission au non-marchand, école et menaces immobilières

En 1946, la famille Lambert-Mondron vend le « parc entouré de murs » avec de strictes clauses de non-édification. En 1956, l’ASBL Œuvres Paroissiales de Jumet (Saint-Lambert) acquiert le château, l’église et une parcelle attenante, tout en reprenant les obligations du bail de 1935 ; la famille impose l’interdiction de bâtir à des fins commerciales/industrielles. La levée locale d’interdiction de bâtir dans les années 1960 fait naître un projet de tours et commerces qui, finalement, n’aboutit pas : le site est préservé. En 1965, une école maternelle (puis primaire) est installée dans les anciennes écuries. 

1971–2000 — L’abbé Henri Remy et l’ouverture du « château citoyen »

En 1971, l’abbé Henri Remy devient 3ᵉ curé. Pendant plus de trois à quatre décennies, il porte l’entretien, les usages et l’ouverture du domaine à la vie de quartier : mouvements de jeunesse, animations, fêtes, locations ponctuelles. Cette dynamique ancre l’idée d’un château vivant, patrimonial et communautaire. 

2001–aujourd’hui — Folklore, associations, sauvegarde et requalification

Dès 2001, la Marche de la Sainte-Rita (compagnie de type Entre-Sambre-et-Meuse, tradition gerpinnoise) rythme chaque deuxième dimanche de septembre la vie des Hamendes ; le culte de Sainte-Rita est attesté dans l’église au moins dès mai 1932, avec certitude en 1938. Le domaine accueille durablement des acteurs associatifs : 21ᵉ Unité scoute Terrils-Est, ASBL Histoire-Tradition-Culture, École de la Visitation (implantation Jumet-Hamendes), Comité Solidarité Jeunesse, ASBL D’Cole, etc. Le 11 janvier 2008, le ministre du Patrimoine wallon inscrit le château sur la liste de sauvegarde (en vue d’un classement) ; fin 2013, la Ville de Charleroi propose un classement partiel. Parallèlement, le projet « Espace Mondron » (depuis 2006) vise la revalorisation socio-écono-culturelle du site et du quartier. 

2003–2020s — Gouvernance associative et recentrage social (repères)

Le 23 janvier 2003, l’ASBL propriétaire prend le nom « ASBL Saint-Lambert – Château Mondron », son objet évolue pour s’ouvrir davantage à l’accueil et à la dimension sociale/citoyenne. À partir de 2010, la gouvernance se professionnalise progressivement (présidents et coordinateurs successifs, structuration administrative/technique), dans un contexte de moyens limités et de fort investissement bénévole. Repères internes communiqués par l’ASBL : retour de Fabian à la présidence avant 2013, arrivée de Bruno au CA puis à la présidence à partir de 2017 ; soutien financier et coordination par Pascal Gérard (DF) et Adrien (coordination). (Données issues des notes internes de l’ASBL.) 

2019–aujourd’hui — Ancrage social et réemploi patrimonial

Depuis 2019, l’ASBL élargit sa gestion de logements et son accompagnement social (ex. prise en charge d’un immeuble problématique à Couillet), tout en maintenant la philosophie d’immobilier solidaire (les revenus servent à l’entretien et à la mission sociale/culturelle). En 2022, l’ASBL s’engage dans Housing First (programme triennal financé) : montée en charge de l’accompagnement (env. 40 suivis/an contre 10-15 en 2019), coordination sociale renforcée, partenariats bailleurs. (Données issues des notes internes de l’ASBL.)

Aujourd’hui — Un lieu vivant au croisement du patrimoine, du social et du culturel

Église en activité (offices, célébrations), école en pied de parc, scouts et associations, Marche de la Sainte-Rita, locations de salles à visée de soutien social : le Château Mondron demeure un patrimoine habité, témoin de l’histoire verrière de Jumet et laboratoire de solidarité au cœur des Hamendes.