Salle du Château Mondron (disponible à la location) Eglise du Château Mondron Vitraux de la Chapelle du Château Mondron 21ème unité Scoute de Jumet-Hamendes Marche Sainte Rita

HISTORIQUE DU CHATEAU

Une nouvelle vie pour le château Mondron

EN DATE DU 11 JANVIER 2008, LE MINISTRE DU PATRIMOINE WALLON A PERMIS D’INSCIRE LE CHÂTEAU MONDRON SUR LA LISTE DE SAUVEGARDE DU PATRIMOINE WALLON, DANS L’ATTENTE D’UNE MESURE PERMANENTE DE CLASSEMENT

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Le château Mondron, un patrimoine exceptionnel

Le château Mondron correspond à la typologie des «résidences patronales», maisons bourgeoises à quatre façades, en retrait par rapport à la rue et situées au milieu d’un parc.

Sa façade principale s’ouvre à l’ouest vers la chaussée. Actuellement, il abrite la paroisse de Jumet-Hamendes et un centre d’accueil pour jeunes en difficulté. Outre sa fonction religieuse, le château Mondron a aujourd’hui une vocation culturelle ou festive, et sociale.

ELEMENTS D’HISTOIRE LOCALE

C’est un grand industriel carolorégien, Valentin Lambert, qui fait construire le château en 1881. Issu d’une ancienne famille bourgeoise, associé à la direction de nombreux charbonnages, il y habite jusqu’en 1886. Mais c’est à son beau-fils, Léon Mondron, que le château reste associé dans les mémoires.


Fils de maitre verrier, Léon Mondron (1838 – 1912 travaille, dès l’âge de 16ans, à l’usine de son père. Devenu lui-même maitre de verreries, il fonde, en 1872, les Verreries de l’Ancre réunies, connues ensuite sous le nom de Verreries Mondron-Lambert. Il est l’un des premiers à moderniser ses installations en les dotant de fours à bassins, nouveau système de fabrication du verre à vitres. Il possédait aussi une fabrique de verres décorés, gravés et de fantaisie.
Bourgmestre de Lodelinsart de 1870 à 1877, de tendance progressiste libérale, il est marqué par les émeutes ouvrières de 1886 et défend le suffrage universel.


En 1929, le château est en partie modifié en église à la demande des héritiers. Ceux-ci désirent en effet respecter le vœu de leur mère d’y être enterrée. Le château et le terrain de 37 ares sont vendus en 1952.

SA PHYSIONOMIE EXTERIEURE (fig. 1 à 5)

L’aspect du château est plutôt celui d’une demeure de plaisance de style néo-Renaissance mais la présence d’une imposante tour d’angle lui donne une allure fortifiée. Celle-ci est percée d’étroites fenêtres et meurtrières et son dernier étage en encorbellement rappelle les donjons médiévaux.


A la suite de l’incendie du château Baudoux provoqué par les ouvriers verriers révoltés en 1886, la pièce à l’étage de cette tour a été équipée d’une porte blindée et des réservoirs d’eau ont même été installés sous la toiture.


Côté façade principale, l’entrée centrale a une allure monumentale, renforcée par l’usage de pierre bleue et la superposition de baies en plein cintre trois arcades sont séparées par des pilastres surmontés de colonnes ioniques caractérisées par leur chapiteau à volutes. Des frontons en pierre, courbes ou triangulaires, surmontent fenêtres et lucarnes, leur donnant la forme de petits édicules caractéristiques du style néo-Renaissance.


Autre trait de ce style, l’agencement de la grande lucarne centrale:
Elle est animée de sculptures d’animaux fantastiques, adossés à des colonnes, et de félins allongés sur les rampants du fronton.


La façade latérale sud est prolongée par l’église intégrée au volume d’origine. Une ancienne tourelle d’angle, incorporée dans la nouvelle construction, porte le millésime 1881.

L’AGENCEMENT DE SES ESPACES INTERIEURS: LE REZ-DE-CHAUSSEE

L’entrée principale ouvre sur un hall spacieux qui conduit aujourd’hui au sas d’entrée de l’église occupant l’emplacement de l’ancien salon des Mondron. Outre celle-ci, il existe deux autres entrées latérales dont l’une sert d’accès de service. Une nette différenciation marque donc entre la zone de service et l’espace privé avec une hiérarchisation des entrées, la plus monumentale étant utilisée aux grandes occasions.


De part et d’autre du hall s’ouvrent deux grandes pièces de réception. Leur aménagement semble indiquer qu’elles servaient toutes les deux originellement de salles à manger. Ce dédoublement est fréquent dans les maisons bourgeoises de l’époque, l’une servant aux réceptions, l’autre à l’usage quotidien. Mais il existe souvent une nette hiérarchie dans la taille et dans la décoration que l’on ne retrouve pas ici.

LE CARACTERE DE SON EQUIPEMENT INTERIEUR

La pièce de réception située à droite de l’entrée principale, que nous appellerons la «salle Valentine», préserve une ambiance homogène caractéristique du gout néo-Renaissance flamande. Elle semble plus luxueuse que l’autre et se trouve plus éloignée de la zone de service (office et cuisine).

  • L’ensemble des menuiseries en chêne ciré confère une prestance certaine et un aspect chaleureux à cet espace (fig.6-15). Les hautes portes, disposées symétriquement de part et d’autre de la cheminée, sont surmontées d’entablements sculptés de têtes de lion.
  • On retrouve ces mêmes motifs sur le linteau saillant de la cheminée monumentale, en bois également. Protégeant la partie inférieure des murs, les lambris sont découpés en panneaux et incorporent une frise sculptée de rinceaux végétaux se terminant en animaux fantastiques (fig. 7). Celle-ci témoigne d’une qualité remarquable d’exécution.
  • Au-dessus de la cheminée, dans une arcade flanquée de pilastres, un médaillon peint représente un flûtiste en costume de gentilhomme, le visage souriant empreint de bonhomie. Ce sujet inspire de la tradition de la peinture flamande ou hollandaise du XVIIe siècle, tradition importée vraisemblablement par un artiste venu des contrées du nord: J. Vanholder signe ce portrait très réussi. Il apporte une note joyeuse et semble inviter les convives à la bonne humeur…
  • Le plafond est divisé en caissons dont la polychromie raffinée est en partie préservée (fig. 13): des motifs végétaux stylisés se détachent en rehauts dorés sur un fond pourpre était vraisemblablement la couleur dominante de cette pièce. On la retrouve dans le fond de l’arcade tandis que le reste de la polychromie ancienne a été modifié.

Située à gauche de l’entrée principale, ce qui semble être une deuxième salle à manger, la «salle de la chasse», relève d’un style plus éclectique. Au-dessus des lambris en bois panneautés, de grandes toiles peintes, cernées de bordures à l’imitation d’anciennes tapisseries, représentent des scènes de chasse (fig. 16-17): des chiens en meute à la poursuite d’un lièvre ou d’un renard, un troupeau de biches aux aguets, un sanglier, des gibiers d’au… L’ensemble se compose en tout de huit grands tableaux, d’exécution réaliste et soignée, datés de 1895 et signés également par J. Vanholder, qui se révèle ici un aussi bon peintre animalier.

Les scènes de chasse offrent de grandes compositions paysagères qui sont appréciées dans les salles à manger de la fin du XIXe siècle. Le panneau surmontant la cheminée est d’un style différent, plus dans la tradition de la peinture italienne (fig. 28): il représente une grande vasque dans une arcade peinte en trompe-l’œil. L’abondance des fruits et de fleurs tressées en guirlande symbolise l’aisance des propriétaires. L’équipement se complète d’un beau lustre en cuivre ouvragé, sculpté d’angelots, de visages féminins et de dragons stylisés.(fig. 29-31)

La «salle de la chasse» est reliée à la cuisine par l’intermédiaire d’un office. Dans la cuisine subsiste une cheminée monumentale en marbre noir, surmontée d’une hotte en carrelage à motifs bleus dont la couleur évoque les carreaux de Delft. Comme à bon nombre d’autres endroits du château, on retrouve sur le linteau les initiales LM entrelacées pour Lambert-Mondron intégrées dans un cartouche.
Détails typique des cuisines d’autrefois, une étagère en marbre sur consoles en fer forgé intègre encore une tringle munie de crochets.(fig. 32-34)

Rehaussant l’église, des vitraux se caractérisent par un mélange d’inspiration, tantôt profane, tantôt religieuse. Les motifs floraux du chœur proviendraient de l’ancien hall d’entrée.
De style néo-Renaissance, les verrières de la nef comportent une frise ornée de monstres ailés (fig. 45). Le volume assez sobre de l’église est scandé par la bichromie des murs de briques apparentes rythmés de bandeaux enduits blancs sous un plafond lambrissé de bois.

L’une des portes mérite que l’on s’y attarde: sa poignée possède une applique étonnante évoquant  la forme d’une habitation asiatique et illustrée d’une scène de genre (fig. 36-37). Est-elle un indice du style de l’ancien salon des Mondron? Celui-ci était-il aménagé en salon chinois? Le métal est ciselé avec précision. Ce travail miniaturiste montre l’attention portée jusque dans les détails de l’équipement.

L’utilisation de carrelages en céramique à motifs géométriques polychromes est très fréquente à l’époque, même dans les pièces de séjour. Peut-être moins luxueux que le parquet, ils reproduisent les dessins et effets colorés de tapis. De beaux exemples sont préservés dans certaines pièces du château, ici dans les parties réservées au service. Ils sont constitués soit de carreaux aux motifs végétaux stylisés soit de tommettes hexagonales s’emboîtant pour créer des motifs ornementaux.(fig. 38-40)



Le Château sur Wikipedia.org

Le château Mondron est une ancienne maison bourgeoise située à Jumet (Charleroi) dans le quartier des Hamendes. Ce château fut en partie transformé en église en 1930.

Histoire

Appelé au départ Château de Hamendes le site prendra le nom de Château de Mme veuve Mondron dès 1912. Anne-Catherine Bioul précise dans son livre Vivre aujourd'hui dans un intérieur d'autrefois, à Charleroi
« L'aspect du château est plutôt celui d'une demeure de plaisance de style néorenaissance mais la présence d'une imposante tour d'angle lui donne une allure fortifiée. »

Comment une bâtisse de 47 pièces sur cinq niveaux dans un parc de 4 hectares a vu le jour à Jumet-Hamendes?


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En 1881, arrivé à une grande position de fortune et entouré de la considération générale, Valentin Lambert se fait construire une grande demeure sur le site de l’ancienne verrerie de la famille de Colnet fondée durant la seconde moitié du XVIe siècle et reconnue comme étant la première verrerie Carolorégienne de type « industriel ». C'est l’architecte Elie Piérard qui a établi les plans du Château de Hamendes.

C'est déjà lui qui avait, en 1877, fait les plans du château de la Motte à Gougnies sous les ordres d'Henri Pirmez.

À la mort de Valentin Lambert, sa fille, mariée à Léon Mondron (décédé en 1912), s’installe en famille dans la demeure.

Madame Mondron (née Valentine Lambert) continua, jusqu’à sa mort en 1929, à vivre seule dans la propriété familiale.


Dans ses dernières volontés, elle avait exprimé le désir d’être enterrée aux Hamendes. Elle souhaitait d’autre part que l’on continue à y dire la messe comme c’était la tradition de son vivant dans la chapelle du Château. Mais pour amplifier et mieux respecter encore le pieu souhait maternel, ses trois enfants, Aline Casimir Lambert, Marie Mondron et Gustave Mondron décident de faire édifier une église au centre du château tout en conservant la façade originale et le site de verdure.

La construction commença le 4 août 1930 et le 10 septembre 1931, l’évêque de Tournai, Monseigneur Rasneur, consacrait le nouvel édifice. Ainsi venait de naître la paroisse Saint-Lambert. De partout on venait voir le château transformé. Il faut reconnaître que les auteurs du projet ont remarquablement œuvré. Ils sont parvenus à conserver les boiseries intérieures et même à intégrer, dans le chœur, des vitraux profanes à décor floral provenant de l’ancien hall d’entrée du château. L’église est particulièrement lumineuse dépourvue de colonnes qui masquent si souvent la vue de l’autel aux fidèles. Les matériaux de construction étaient en grosse partie le béton armé, encore rarement utilisé à cette époque, et des centaines de briques qui comme lors de la construction du château, étaient produites sur place par la grande briqueterie des Hamendes. Quant à la crypte contenant les défunts de la famille Lambert-Mondron, elle fut construite en 1932. En effet, les morts ne pouvant pas se trouver sous le chœur, endroit initialement prévu, il a fallu la construire derrière église.

C’est l’abbé Duray qui en fut le premier curé et ce pendant vingt ans. Sous son administration, la paroisse se développe rapidement. De nombreuses œuvres éducatives et caritatives comme des sections de Patro, une cellule de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, ainsi qu’une chorale s’y installe. Un peu plus tard, en 1935 semble-t-il, le culte de Sainte Rita fut installé dans l’église.

L’édifice religieux fut loué à la fabrique d’église suivant un bail emphytéotique courant jusqu’en 2034 au loyer annuel de un franc belge par an. La paroisse dépendait à ce moment du doyenné de Jumet.

Après la Seconde Guerre mondiale, Monseigneur Himmer, évêque de Tournai, se voit confronté à un problème crucial : les Pères Assomptionnistes sont obligés de quitter le prieuré de Sart-lez-Moines (à Gosselies) à cause des travaux d’élargissement du canal Bruxelles-Charleroi. La famille Mondron accepte que le château devienne le siège de cette nouvelle congrégation. Ils s’installèrent dans le bâtiment en séparant la cure de la communauté. Le Père Scoyer en fait partie, c’est lui qui deviendra le deuxième Curé des Hamendes. Comme son prédécesseur, il administra la cure pendant vingt ans.

En 1956, l’ASBL « Œuvres Paroissiales Jumet (Saint Lambert) » devient propriétaire du château, de l’église ainsi que d’un terrain. Mais la famille Lambert-Mondron y met une condition ; celle de ne pas y construire d’immeubles ou de bâtiments à des fins commerciales ou industrielles. L’ASBL reprend par la même occasion les obligations et droits émanant du bail emphytéotique conclu en 1935 entre l’évêché de Tournai et la famille, représentée alors par la société des Hamendes.

Depuis toujours, l’Administration Communale avait frappé d’interdiction de bâtir, les terrains avoisinant le château, reprenant en cela la résolution posée en 1946 par la famille Lambert-Mondron, lors de la vente du « parc entouré de murs » à Monsieur Frère. La levée de cette interdiction en 1960 va mettre gravement en danger la survie de ce prestigieux édifice. Elle était, en effet, assortie d’un projet de rénovation du quartier. Par suite du décès de Monsieur Frères, c’est son petit-fils, Pierre Wart, qui négocia la vente des terrains avec l’immobilière « Les trois Provinces » et approuva l’autorisation d’y construire cinq buildings de six étages au milieu du parc. Le père Scoyer, quant à lui, avait soutenu un plan de rénovation du Château et de la cure par l’immobilière. Il avait, à cet effet, sollicité de la famille Lambert-Mondron, de pouvoir faire l’acquisition du terrain jouxtant l’église. Le 26 mars 1956 la « société les Hamendes » vendait à l’ASBL « Œuvres Paroissiales de Jumet (Saint-Lambert) » le dernier terrain d’une superficie de 48 ares 74 centiares moyennant respect de la clause de non aedificandi. C’est pour ce terrain que la société immobilière « Les trois Provinces » offrit une somme dérisoire de deux millions de francs belges contre la renonciation de la clause de non édification traditionnelle, ce qui aurait permis de mettre en chantier la construction d’un immeuble de onze étages, d’une cafétéria, d’une station d’essence, d’un supermarché et de boutiques. La famille Lambert-Mondron tint bon et refusa de se soumettre à ces tractations, privilégiant le maintien du cadre de verdure autour du château. Heureusement d’ailleurs car la société immobilière tombera bientôt en faillite.

Le château l’avait échappé belle. Après avoir résisté aux événements sanglants de 1886 et traversé deux guerres, il venait d’échapper de justesse aux pioches des promoteurs immobiliers avides de lignes droites et de béton armé.

En 1965, une école maternelle et primaire est installée dans les anciennes écuries.

En 1971, l’abbé Henri Remy devenait le troisième curé des Hamendes. Pendant plus de trente années cet infatigable bâtisseur va permettre au Château Mondron de continuer à vivre. De nos jours plusieurs activités trouvent place dans ce domaine.

Le 23 janvier 2003 l’assemblée générale de l’ASBL propriétaire change de nom pour devenir « ASBL Saint Lambert-Château Mondron », son objet est quelque peu modifié pour évoluer et s’ouvrir d’avantage.

Au point de vue patrimoniale, la façade du château des Hamendes comme on l’avait surnommé, n’a pas vraiment changé depuis 1881. L’intérieur de l’imposante demeure bourgeoise a subi de profondes transformations, sans doute à cause des restrictions budgétaires et structurelles. Cependant tout n’est pas perdu et certaines salles conservent un beau décor typique de la fin du XIXe siècle comprenant des paysages peints sur toile, des boiseries sculptées, des cheminées monumentales.

Les perspectives d’avenir ne pourront se faire que dans la tradition de l’accueil aux personnes, en continuant l’œuvre et les volontés fondées par la famille Lambert-Mondron, en profitant de l’avancée et des réalisations de l’abbé Henri Remy et en ne négligeant nullement la profondeur émotionnelle mais aussi spirituelle du lieu.

Pendant plusieurs années, le château Mondron et le quartier des Hamendes valsent et chancellent dans une métropole carolorégienne, qui à la fois se développe, mais qui en même temps continue à se chercher une véritable identité. Ce site à, comme pour la jeune cité, souffert du déclin économique, le Projet "Espace Mondron" mis en place depuis 2006 a pour objet l'organisation et la gestion du site du Château Mondron à Jumet, par la création d'un espace socio-écono-culturel afin de sauver ce site patrimonial d'exception en profitant par la même occasion de revaloriser, reconvertir et redynamiser le quartier des Hamendes dans lequel il se trouve.

(Recherche historique réalisée par Pacifici Fabian de septembre 2003 à octobre 2007)

Bibliographie

  • Anne-Catherine Bioul avec des photographies d'Anne Debecker, Vivre aujourd'hui dans un intérieur d'autrefois, à Charleroi, collection Études et documents, série Monuments et sites, 10, Ministère de la Région Wallonne, Namur 2004, p. 53-57.

Source: Wikipedia.org